Salariat déguisé ou dissimulé : comprendre définitivement où est l'arnaque, et savoir l'éviter
Le salariat déguisé était assez en vogue dans le graphisme, et plus particulièrement dans le design produit, où bien des professeurs conseillaient cette “solution” à leur élèves qui ne trouvaient pas de poste salarié (!!) accélérant encore leur précarisation oO’ . Avec l’arrivée du statut d’auto-entrepreneur, nous assistons à une déferlante de salariat dissimulé, avec des gens sans sans expérience qui acceptent ce qu’ils croient être une affaire en or.
Cet article est destiné à mettre les points sur les “i” pour les personnes décidées à ne pas tomber dans ce piège, car hélas nous avons constaté que même mis face à la réalité, certains persévèrent dans une voie qui les mènera à terme à une situation inextricable.
Pourtant, il est facile de déceler ce piège est de l’éviter, et il y a également des solutions pour en sortir si il est déjà trop tard.
Les salariat déguisé, les grandes lignes
Je ne suis pas expert URSSAF, donc ne vous attendez pas à une définition exhaustive. Voici du moins quelques critères qui vous permettrons de définir ce qu’est le salariat déguisés :
- Vous avez un statut d’indépendant (MDA, AGESSA, auto-entrepreneur)
- Vous parlez machinalement de “votre patron” ou “votre employeur” au lieu de dire “votre client”
- Vous êtes dans une situation ou “votre employeur” vous “impose” une situation (en gros il y’a un lien de subordination entre vous)
- Vous touchez un salaire que vous pensez “supérieur au marché” sans toutefois qu’il atteigne plus du double du salaire du marché (typiquement entre 1500 et 2000€)
- Vous vous êtes mis en indépendant car vous ne trouviez pas d’embauche salariée
- Vous vous êtes mis en indépendant à la demande de votre ancien ou futur employeur “comme ça il peut vous embaucher et vous toucherez un plus gros salaire, c’est du win/win”
- Vous n’avez qu’un ou deux clients
Dans un intéressant PDF datant de 2008, la chambre de commerce et d’industrie d’Alsace définit le salariat déguisé comme il suit :
Il est fréquent qu’une entreprise propose des services en sous-traitance à des personnes qui, pour pouvoir répondre à cette offre, doivent créer leur propre structure en s’immatriculant au registre du commerce et des sociétés, au registre des entreprises de la Chambre de Métiers, au registre des agents commerciaux ou à l’URSSAF.
Cette relation de travail peut être intéressante pour les deux parties en présence : l’entreprise donneur d’ouvrage fait l’économie du coût et de la gestion d’une embauche et la relation professionnelle s’inscrit dans le cadre d’un contrat d’entreprise ou d’un contrat de mandat non soumis au droit du travail. Quant au créateur d’entreprise, il peut travailler pour son propre compte, tout en s’assurant un chiffre d’affaires apporté par le donneur d’ouvrage.
Toutefois, cette relation professionnelle n’est valable que si elle n’a pas été établie dans le seul but de déguiser un contrat de travail en travail indépendant, au détriment du «salarié ».
Aussi, les personnes qui envisagent de travailler ensemble dans le cadre de relations «d’entreprise à entreprise », doivent connaître les limites juridiques de cette relation et prendre conscience des conséquences qui peuvent en découler.
La CCI d’alsace dégage 2 critères.
- Juridique d’abord :
les professionnels (sous-traitants ou prestataires), immatriculés au registre du commerce et des sociétés, au répertoire des métiers, au registre spécial des agents commerciaux ou auprès de l’URSSAF bénéficient d’une présomption d’indépendance. Toutefois, ils pourront voir leur statut de non « salariés » requalifié en activité salariale, si l’existence d’un contrat de travail est reconnue. Ceci est le cas si l’intéressé fournit sa prestation en étant subordonné juridiquement au maître d’ouvrage, à l’instar d’un salarié.
Qu’entend-on par subordination juridique ? Dans le silence de la loi, la jurisprudence a caractérisé le lien de subordination par l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné. Le travail au sein d’un service organisé peut en outre constituer un indice du lien de subordination lorsque l’employeur détermine unilatéralement les conditions d’exécution du travail.
- Puis économique
L’entreprise qui est en relations d’affaires avec un seul donneur d’ouvrage se trouve dans une situation particulièrement vulnérable de dépendance économique. Couramment, le prestataire doit se tenir à la disposition du donneur d’ouvrage, son chiffre d’affaires ne dépend que de ce dernier, et le développement d’une clientèle propre est difficile, voire impossible en cas d’exclusivité.
Je vous conseille de lire le PDF en entier, Si certains de ces critères vous concernent, commencez à vous poser des questions.
Les cas courants de salariat déguisé
La forme la plus courante du salariat déguisé dans le graphisme est la soi disant “impossibilité d’embaucher” de la part d’une boite, ou alors la nécessite pour la boite de “faire des économies sans léser le graphiste”.
Souvent, ces “solutions” sont présentées à des personnes naïves qui n’ont aucune expérience dans le domaine de l’activité d’indépendant, et donc sont plus enclines à tomber dans des pièges pourtant évident, car leur mode de réflexion est basé sur le salariat.
D’ailleurs, le salariat dissimulé est vécu comme une aubaine pour le “salarié” qui va se voiler la face un maximum sur sa situation et sa précarité, dans une sorte de déni inexplicable. J’ai déjà vu des “salariés” s’exclamer “CHAMPAGNE, j’ai du boulot” au lieu de réfléchir 2 secondes à leur conditions d’embauche
. D’autres pensent juste que “travailler comme ça c’est mieux que de ne pas travailler du tout”.
(ça n’est pas la phrase en elle même qui me gène, mais son application, nous y reviendrons)
Bref, le terreau du salariat déguisé est la naïveté crasse des gens à qui on le propose. Croyez-vous vraiment que votre “employeur” vous propose cette solution pour vous faire plaisir ? vous ne vous dites pas que si c’est pour “faire des économies” qu’on vous enjoint à démissionner puis à retravailler comme avant mais en tant que prestataire c’est qu’il y a une arnaque quelque part ?
Si ça ne vous a pas effleuré l’esprit, passons à mon test préféré.
Pour en finir définitivement, prenez votre calculatrice, je ramasse dans 15 minutes
Comme d’habitude, j’aime bien soumettre des données évidentes au test imparable de la “calculatrice bonux” (test appelé comme ça car une simple calculatrice trouvée dans votre paquet de lessive permet de s’éviter bien des ennuis)
Souvent, les graphistes touchés par ce problème sont ceux qui ont une vision très partiale du marché. Par exemple ils sont sûrs que le marché “est bouché” et qu’il “ne trouverons pas mieux que le smic si par miracle ils trouvent” (ne vous inquiétez pas, ça ce soigne)
Du coup, quand leur ex-patron qui ne les a pas augmenté depuis 3 ans leur propose 1500€ ou 1800€ à condition qu’ils démissionnent et se mettent en “prestataire indépendant” pour la boite, en leur assurant que rien de changera sauf qui’ls seront bien plus payés qu’avant, pensez qu’ils sautent sur l’occasion surtout que le différentiel de salaire visible est souvent de plusieurs centaines d’euros !! ou encore, quand cette boite est intéressée par leur profil mais ne peut pas les embaucher et leurs proposent de devenir “associé indépendant” (sic) (je rappelle pour les étourdis = associés = qui possède des parts dans la boite, donc SURTOUT PAS indépendant, une fois le pompeux de la formule enlevée, on se rend compte de son ridicule) pour 1700€ par mois, ni une ni deux, on fonce, et CHAMPAGNE :COEUR: !!
Sauf…
…Qu’il faudrait peut être penser à ouvrir les yeux et à faire quelques calculs élémentaires.
Quand un patron vous verse un VRAI salaire de 1500€ net, vous bénéficiez de :
- 1500€ qui sont versés sur votre compte en banque, et en plus de cette somme…
- Vous cotisez à l’assurance chômage, ce qui vous permettra de survivre en cas de licenciement (licenciement qui donnera lieux à des indemnités)
- Vous cotisez et bénéficiez du régime de sécurité sociale des salariés, et donc vos jours de maladies vous sont payés, par exemple
- Vous cotisez pour votre retraite
- Vous pouvez bénéficier de RTT
- Vous bénéficiez peut être d’une mutuelle et du remboursement des frais de transport
- Vous avez des congés payés
- Vous avez droit à des congés payés spéciaux style enfant malade, mariage, décès etc…
- Selon la taille de votre entreprise vous avez un CE et des représentant du personnel
- Vous êtes couvert par le code du travail
- Vous êtes couvert par la convention collective de votre branche
- Vous pouvez exercer votre droit à la formation
- Vous pouvez demander des équivalences expérience/diplôme
- Avec un contrat de travail style CDI il est bien plus facile de louer ou d’acheter une habitation
- Bien sûr vous bénéficiez du matériel de l’entreprise pour travailler
Sur ce salaire, vous devrez payer :
- les impôts sur le revenu
Comme vous pouvez le constater, en plus de toucher une somme nette, vous avez une multitudes d’avantages qui sont peut être transparents pour vous, mais que votre patron et que la collectivité paye, jetez un d’ailleurs un œil sur votre salaire brut, et si vous le pouvez, jetez un œil sur votre salaire avant déduction des cotisations patronales.
Alors que quand un “patron” vous verse un des honoraires 1500€HT (attention, ne surtout pas confondre avec un salaire), vous bénéficiez de :
- 1500€ sur votre compte en banque
Sur ces honoraires vous devrez payer :
- La taxe professionnelle
- Les impôts des entreprises
- Les cotisations sociales de type URSSAF
- Éventuellement une assurance professionnelle
- Votre matériel (ordinateur, licences…)
- Vos transports pros
- Vos formations
- Et bien sûr si vous ne voulez pas être à la rue il vous faudra vous constituer de la trésorerie pour les périodes chômées, la retraite, les soins et votre mutuelle.
Sur cette somme de 1500€, votre “patron” qui n’en est pas un aura payé…1500€ déductible de ses charges, et cerise sr le gâteau il peux vous dégager quand bon lui semble, sans préavis. Sans compter que les 1500€ sont une moyenne, et que bien souvent il n y a ni devis signé, ni factures.
hop, test de la calculette :
En tant que salarié, par mois : 1500€ - impôts sur le revenu (en moyenne et selon la situation familiale environ 125€) soit 1375€ net + tous les avantages sus cité
En tant que prestataire, par mois : 1500€HT - 20% d’impôt des entreprises - 18% au minimum de cotisations fiscales - 200€/an environ de taxe professionnelle - 500€ par an de matériel/licences (fourchette très basse) = 873€ et bien sûr aucun des avantages. Pire, vous devrez ôter de cette somme de quoi subvenir les jours chômés et mettre de coté pour votre retraite. 
Le piège c’est qu’en entreprise, les frais sont dilués sur l’année, et qu’il est donc difficile pour les personnes non-habituées de ramener ça sur un mois,comme bien souvent ces personne sont un conjoint ou une autre source de revenus, il leur est d’autant plus difficile de calculer le gain réel de leur entreprise, entrainant une grande précarité et une paupérisation accélérée au moment ou arrivent les appels de cotisation.
Ce que vous croyiez être l’affaire du siècle en étant payé en indépendant se transforme en cauchemar
Effectivement, si vous avez suivi le calcul précédent, vous toucherez 873€ par mois. Or en france le seuil de pauvreté est fixé par l’INSEE à un revenu mensuel de… 910€ par mois en 2007.
Bravo, vous réussissez à travailler 8h par jour par un patron pour toucher moins que le seuil de pauvreté. Et en plus, on peut vous virer n’importe quand. Et je ne parle même pas de développer votre activité (huhu
)
- Question 1 : pourquoi s’entêter ?
- Question 2 : à quel moment vous avez pu croire que c’était l’affaire du siècle ?
- Question 3 : qu’est-ce que vous attendez pour demander un CDI ?
Heureusement, le salariat déguisé est loin d’être une fatalité… si vous y mettez du votre
Hé oui, car les prud’hommes sont très au courant de ce genre de cas. Vous avez d’ailleurs dû entendre parler de la dernière jurisprudence célèbre sur les salariats déguisé dans la télé-réalité. Donc pour un peu que vous vous bougiez et si la plupart des éléments sont rassemblés, il y’a de grande chance que votre salariat déguisé soit requalifié en contrat de travail.
la jurisprudence est constante, il serait idiot de passer à coté. Car la requalification entraine le paiement d’indemnité de licenciement, d’indemnité de rattrapage de salaire, de cotisation sociales, de cotisation pour l’assurance chômage ainsi que le paiement des divers avantages auxquels vous auriez eu droit en tant que salarié (congés payés etc…)
Comme vous le constater, il s’agit d’un problème pris très au sérieux, surtout depuis la recrudescence des salariats déguisés dus à l’auto-entreprenariat (tellement facile de se déclarer indépendant maintenant)
Voici un exemple émanant de la CCI d’alsace :
A titre d’exemple, on peut citer ce contrat de franchise qui a été requalifié en contrat de travail : une société d’acheminement a conclu des contrats de franchise avec quelques anciens salariés en vue de faire prendre en charge par ces derniers, devenus franchisés, des tournées de ramassage et de livraison de colis qu’ils effectuaient auparavant en qualité de salariés. Monsieur R., ancien salarié, a conclu un tel contrat de franchise et s’est inscrit à cet effet au registre du commerce.
Au bout d’une année, le franchiseur décide de remplacer M. R. dans le réseau. Ce dernier saisit alors la juridiction prud’homale afin d’obtenir la requalification de son contrat de franchise en contrat de travail. M. R. a obtenu gain de cause pour les raisons suivantes constatées par les juges : M. R. n’avait pas de relations contractuelles avec les expéditeurs, il transportait les objets qui lui étaient remis pour le compte de la seule société du franchiseur, il exerçait sa profession au moyen d’un véhicule agréé par elle, les répartitions d’objets se faisaient dans un local dont le franchiseur était locataire, aux conditions et prix fixés par lui.
Il ne tient qu’au personnes abusées de faire respecter leurs droits, hélas bien souvent les gens qui se sont fait couillonner de la sorte ne veulent plus en entendre parler, ne veulent engager aucune démarche, et partent sans demander leur reste, laissant alors là place au prochain pigeon prêt à travailler lui aussi pour un revenu mensuel inférieur au seuil de pauvreté.
Mes conseils pour éviter de se faire avoir
- Ne devenez jamais indépendant à la demande d’un “client”, oubliez vos réflexes de salariés, et surtout, surtout, NE CONFONDEZ JAMAIS HONORAIRES ET SALAIRE !!!
- VOUS êtes le patron, il ne doit exister aucun lien de subordination, aucune contrainte de la part de votre client.
- Faites un tour par ici si vous voulez voir comment fixer le prix d’une prestation en freelance
- Si vous désespérez d’être embauché, ne trouvez que des salaires équivalent au SMIC, que 1500€ net tient plus pour vous du rêve que de la fourchette basse du graphiste débutant, et que vous pensez que le secteur est bouché, allez faire un tour sur cette article explicatif
- Si vous recherchez d’autres infos sur le salariat déguisé et une explication synthétique, allez jeter un œil sur le kit de survie du père yamo.
Il faut comprendre que dans cette situation, le SEUL gagnant sera le patron qui vous aura fait croire qu’il s’agissait d’une bonne affaire pour vous, réussissant du même coup à vous rendre “licenciable” à l’envi tout en évitant de payer les charges qu’il doit à la collectivité.
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Commentaires
Bonjour,

Le projet de me mettre à mon propre compte m'a toujours intéressé.
Aussi, suite à cet écho (leçon : la prochaine fois, ne jamais trop parler de soi) et à la fin de mon contrat de travail, mon ex-employeur m'a suggéré de devenir auto-entrepreneur afin que nous puissions continuer notre collaboration (un bien grand (ou gros) mot :)).
Cependant, je n'ai pas précipité ma démarche. J'ai temporisé afin de bien peser le pour et le contre.
Il m'a demandé, peu de temps avant ma débauche, de faire une estimation de devis pour un éventuel travail.
Je le lui ai présenté et finalement je suis beaucoup trop chère pour lui
Pourtant, je n'ai pas surestimé le montant (entre 300 et 400€/jour) mais il est vrai que je n'étais pas trop chaud de travailler pour lui, du fait, justement, de ce rapport employeur-employé qui existait entre nous.
Cela dit, le travail qu'il me proposait ne rentrait pas totalement dans mes compétences et j'ai dû tenir compte de cette marge de temps (exécution plus longue et le non le temps d'apprentissage) alourdissant en conséquence le devis.
Bref, "notre collaboration est mort-né"
Et c'est sûrement mieux ainsi...
Hé bien effectivement il n y a pas de secret, pour une mission longue, rien n'est plus économique que d'embaucher quelqu'un. Faire appel à un prestataire extérieur requiert de payer sa marge, qui est le prix de sa souplesse. il est donc évident qu'un prestataire normal (comprendre "qui sait compter) sera bien moins avantageux qu'un employé.
C'est pour cela que la combinaison "prestataire qui confond honoraires et salaire" et "patron qui ne veut pas payer de charge" marche du feu de dieu.
Il y a une formule simple pour détecter l'arnaque : au dela d'un mois de boulot, il est généralement plus intéressant d'embaucher quelqu'un que de sous traiter. La seule raison de ne pas embaucher est la souplesse, le désir de ne pas gonfler la masse salariale ou autres considérations de cet ordre mais PAS l'économie. Si on vous prends en free pour 1 mois car c'est moins cher que de salarier quelqu'un, c'est que vous êtes en train de vous faire couilloner la plupart du temps.
D'où la réponse de ton ex employeur.
Ça m'est arrivé également pour de la formation, ou la boite hésitait entre free ou CDD, finalement ils ont opté pour CDD à la vue de mes tarifs (qui n'avaient rien d'exhorbitant, juste calculé pour payer mes propres charges + marger)
Tu n'as pas de regret à avoir, tu as esquivé un paquet d'emmerdes je pense.
Intéressant, juste à préciser que la taxe professionnelle n'est pas due (j'ai un doute pour les impôts pros sachant que ton revenu en tempts qu'indépendant est juxtaposé celui de l'individu, à moins que tu es des salariés ce que est plutôt rare en freelance) par les cotisants à la mda (en fait par les NAF 930-A plus généralement), mais bon puisque tu parles d'auto-entrepreneur (à éviter) principalement, admettons.
à*aies*qui*, désolé pour les fautes.
oui, je parle de se mettre en indé en général. Bon mais même à la MDA, pour la taxe pro t'enlèves 15€ par mois ce qui te ramène quand même au niveau du seuil de pauvreté. Bref, pas le bon plan quoi.
Entièrement d'accord avec toi, je ne cherchais qu'à souligner qu'à écouter des gens malhonnêtes (ou simplement mal informé) on en vient à faire de belles conneries, en gros à moins (pour simplifier) que les honoraires ne soient le double du salaire de base aucun intérêt vus les cotisations/impôts/fonds de prévoyance.
D'autant plus qu'en indé à la différence des salariés le travail n'arrive pas tout cuit le lundi matin (j'aimerai bien).
Et puisque cela reviendrait au même pour le patron c'est logique qu'il ne demande pas. ^
Encore merci et mille fois merci pour ton blog et tes bon conseils. Grâce à toi, j'ai moins l'impression d'être folle de considérer que je suis mal payée, et que j'ai tout à gagner à chercher une autre boîte. Vraiment ça fait du bien quand on a un patron margoulin (un vrai, pas un "client") qui te bassine à longueur de journée pour te faire comprendre que tu peux pas espérer mieux ailleurs et que vraiment t'as de la chance de l'avoir comme patron !!
Ca me sauve ma santé mentale !!
Article comme toujours fort intéressant, merci pour toutes ces informations
Très bon article, je le conseillerai dès que j'en aurai l'occasion !
Ayant été indépendant quelques temps et connaissant bien les charges à payer, je rejoins tous tes critères de détection du plan foireux...qui parait être l'affaire du siècle !
1 projet = 1 prestation = 1 devis = bon de commande/acompte/règlement/redevance sur droits d'exploitation
Forfait mensuel et exclusivité > incompatible avec indépendant
Travailler dans les locaux du "client" à temps plein > incompatible avec indépendant
Un client génère plus de 80% du CA > pas bon à long terme
Bonjour,
Je suis journaliste à Libération, je fais justement un article sur les autoentrepreneurs et je cherche des gens qui se sont vu proposer par leur employeur de passer de salarié à autoentrepreneur.
Quelqu'un peut-il m'aider
Merci d'avance
Ma demande presse un peu
Julia Pascual
01 42 76 17 17
Comment calculer une indemnité si on veut se séparer à l'amiable? Est ce que la procédure pour la reconversion du contrat d'un indépendant en contrat de travail pour salarié prend du temps? L'entreprise en faute est-elle obligé devant la loi à payer des indemnités à l'indépendant en question une fois que le salariat déguisé est prouvé?
je viens de tomber sur ce Super article! il dit vrai, je suis indépendante dans une agence immo, et je me fais bouffer par les impôts charges, TVA...
En fait tu as tous les inconvénients d'un salarié et aucun avantages! tu travailles comme une dingue et pratiquement pour rien.... Ce statut devrait être interdit... Avant je critiquais le fait d'être salarié, mais maintenant j'ai hâte de le redevenir...
>> le statut devrait être interdit...
mhh... pas vraiment, ce qui devrait être interdit c'est de venir dire qu'on ne s'en sort pas et qu'on est bouffé par les charges dans du salariat déguisé, tout en continuant à alimenter le système et à bosser comme ça.
Personne ne force les gens à accepter des conditions désavantageuses, l'URSSAF à même tout un dispositif pour requalifier ces contrats en CDI. Il ne tiens qu'à toi de le faire.
Bonjour, je réalise, pour une chaîne hertzienne, un documentaire sur le statut d'auto entrepreneur.
J'aimerais entrer en contact avec vous (l'auteur de cet 'article).
Merci de me contacter, si vous le souhaiter, à l'adresse mail laissé sur votre site.
Cordialement.
Bonjour,
L'article me parait un peu biaisé, car il ne voit le chose que d'un seul côté.
Je suis entrepreneur et dirige plusieurs sociétés. Depuis quelques années déjà, j'ai décidé de ne plus JAMAIS avoir d'employés, ou salariés :
- Les charges sont trop importantes et coûteuses.
- Vous n'avez aucun flexibilité ou souplesse dans l'organisation du travail.
- Vous subissez de plein fouet une baisse d'activité
- Vous n'avez pas vraiment la reconnaissance de votre employé, et pas du tout celle de l'Etat qui vous taxe, alors que vous créer un emploi.
- URSAFF et Contrôle sont omniprésents + paperasse à n'en plus finir
- Vous mettez beaucoup de temps pour stopper toute cette machine, et gardez longtemps de reliquats et relances.
Vraiment y a pas photo ! Plus JAMAIS d'Employés.
Comment faire dans ce cas ?
J'utilise soit des sociétés sous-traitantes, soit des collaborateurs/associés (donc metent de l'argent au Capital). Dans ce dernier cas, il n'y a qu'une seule rétribution, la même que la mienne : Les Dividendes, dont une part en %, est distribués systématiquement (inscrits dans les statuts) .... et c'est tout.
Le problème est que je ne trouve pas toujours de collaborateurs associés, et donc renonce parfois à créer de nouvelles entreprises.
Le statut d'Auto-Entrepreneur, me parait intéressant.
Evidemment je regarde d'abord mon intérêt.
Bien évidemment pour l'auto-entrepreneur le statut de salarié est eut-être plus intéressant pour lui. Cela dépend de plusieurs paramètres et surtout de ses perspectives. C'est à lui de peser le pour et le contre, mais en aucun cas, il ne faut voir le patron comme le méchant de l'histoire. C'est une opération commerciale où chacun essaye de tirer le plus de bénéfices, ce qui est tout à fait NORMAL !
Très cordialement
Ce que vous dites est sensé mais passablement hors-sujet.
Il n'est pas question d'associés ou de prestataires ici, et c'est bien le problème, mais de contrat effectués dans les conditions d'un salariat.
Le fait, bien plus simple que tout ce que vous expliquez, est que contourner le droit du travail pour proposer (voire imposer) un emploi soumis à subordination et/ou dépendance SANS le cadre légal du salariat est une attitude illégale, car parfaitement déséquilibrée et dangereuse pour le concerné.
Si vous trouvez ça biaisé, alors c'est la loi qui l'est... mais là on est dans un autre débat.
Je pense que personne ici ne s'amuse à dire que les patrons sont des méchants. N'oubliez pas que tout comme vous nous sommes tous des entrepreneurs et dirigeants d'entreprises. Strictement au même niveau d'ailleurs puisque vous ne prenez pas (ou plus) d'employés.
Vous avez donc tort d'interpréter cet article comme celui venant d'un "côté" : nous sommes exactement du même.
Et c'est justement ce qu'oublient certains employeurs malhonnêtes quand ils dévoient un statut INDÉPENDANT comme l'AE pour en faire une source de SALARIÉS bon marché.
Il n'y a en réalité aucun rapport entre ce qu'on attend d'un associé (et ce qu'un associé peut attendre de sa position) et le statut d'auto-entrepreneur, pas du tout fait pour ça. C'est une grave confusion d'amalgamer les deux. Parfois c'est aussi et surtout un abus.
Bonjour, je viens de lire votre article (tres bon), car je me trouve dans ce cas :
débutante, une agence web me propose il y a 3 an, de me faire travailler en free-lance a plein temps a 150€ / jour dans leur locaux.
au début j'accepte mais a 3 jours par semaine, puis 1 an apres ils me demandent de repasser a plein temps ( pour soit disant gerer une equipe, ce qui ne se fera jamais) ....
Bref il est vrai que chez eux j'ai beaucoup appris, mais depuis maintenant plusieurs mois, (etant parti en province , je ne travail plus dans leurs locaux) il ne me demandent plus que 2 jours de travail par semaine car soit disant les clients se font rares.
Mais en realite le problème n'est pas le manque de client mais ils ont ouvert une cellule a l'etranger avec des freelance encore moins cher qu'en France.
Donc je suis mise de cote sans aucune explication, et sans probleme dans mon travail depuis 3 ans !! C'est dure a encaisser !! Je navigue entre le sentiment de mettre fait avoir et celui d'etre responsable.
D'un cote il est vrai que cela me permet desormais de reprendre mon" vrai" statut de freelance, mais passer de 2700 € / mois a 1000€/mois et mise sur la touche sans aucun respect (bon je sais je suis naive !)du jour au lendemain, c'est rude.
Ma question est de savoir si j'ai un recour possible ( sachant que je leur ai demandé plusieurs fois de me salarier) ??
Et si oui le quel ?
Merci de votre aide
Bref je me suis d'abord dit qu'en effet cela etait de ma faute car je n'aurais jamais du accepter ...
Ton cas s'apparente sans aucun doute à du salariat déguisé.
Les autorités compétentes sont l'inspection du travail et/ou les Prud'Hommes.
Je te conseille de t'adresser directement à ces derniers avec le plus de détails possible sur ton dossier.
Il n'y a rien d'automatique ni d'assuré dans une démarche de requalification en embauche d'un contrat soit-disant "indépendant", mais si c'est reconnu et que tu as gain de cause ça peut potentiellement être une très bonne chose pour toi : d'abord un CDI évidemment, et ensuite tous les avantages salariaux que tu aurais du toucher depuis 3 ans.
Tu es effectivement largement responsable de ton imprudence prolongée, et tu fais bien de t'en rendre compte. Maintenant, il y a bel et bien des recours et si tu peux rétablir ta situation de façon rétroactive alors le mal aura été en partie réparé.
En résumé se faire avoir c'est une chose, mais ne rien faire quand on s'en est rendu compte en est une autre. Je t'encourage donc à tenter les actions disponibles et à ne pas rester une victime consentante... C'est de toute façon une attitude totalement incompatible avec des velléités d'indépendance, donc il faut en changer au plus vite, pour ton bien.
Bon courage.
Merci pour ces infos.
Je suis professeur de danse dans une association depuis 14 ans;9 ans en tant que salariée,et depuis 5 ans en tant que travailleur indépendant,à la demande de mon patron,si je voulais plus d'heures.
Aujourd'hui,après des problèmes de santé(la sécu des indépendants ne paie pas d'indemnités),tout ce que je paye,je commence à me rendre compte de tous les desavantages,puisque je ne suis pas libre de mes mouvements et juste bonne à payer.Et surtout enceinte,on me pousse dehors.J'ai vu un conseiller juridique qui m'a bien parlé de salariat déguisé;et j'envisage les prudhommes.
J'ai pu l'observer autour de moi à plus d'une reprise, et le sujet, que je pensais au début cantonné à quelques bricoleurs, a commencé à me chauffer me rendant compte qu'il s'agissait d'une pratiquement très largement admise.
Dans beaucoup de métiers de prestation, et notamment dans le notre, les statuts "simplifiés" (ou presque) et avantageux (là aucun doute) ont donné des ailes aux employeurs véreux. Alors qu'ils sont sencé donner un peu de souffle aux artistes et créateurs (et les ramener tranquillement dans le giron fiscal et social), ils servent de plus en plus à permettre à des employeurs de ne pas s'acquitter des charges qu'ils doivent, ou à se soumettre aux conventions et réglementations en matière de droit du travail. Je comprends qu'il ne soit pas facile pour tout le monde de resister lorsque refuser la compromission équivaut à rester au chômage, mais c'est très agaçant de voir notre statut, avantageux, devenir progressivement la carpette d'employeurs indélicats, et donc dans le futur un sujet dont les politiques se saisiront pour y mettre fin (rien ne dit qu'eux feront la part des choses, bien lancé dans l'honorable lutte contre tout ce qui est anormal).
La rêgle générale est simple, quelque soit la fiction dans laquelle vous vous complaisez:
-Si vous avez un lieu de travail récurrent dans une entreprise
-Si vous avez une hiérarchie, quelq'un qui vous ordonne des taches ou des horaires. Si vous êtes obligé de demander l'autorisation à quelqu'un pour quitter le travail, ou prendre des vacances.
-Si l'on prends des décisions pour vous auprès de tiers, notamment si vous n'êtes pas maître des clients pour lesquels vous travaillez (soit pouvoir les choisir, en changer librement, refuser)
-Si vous n'êtes pas à l'initiative de votre tarification (exemple "offre d'emploi n°x: cherche graphiste freelance pour affiche. Rémunération: 500€").
-Si vous réalisez plus de la moitié de votre chiffre avec une même entreprise ou ensemble. Je reste général, pour englober les bricolages d'employeurs ayant deux ou trois sociétés. Notez qu'en la matière, et en cas de contrôle, l'URSSAF se moque de ce genre de subtilités.
-Notamment, si les modalités de vos paiement sont récurrentes (paiements mensuels, ...)
-Si le contrat, réel ou tacite, qui vous lie à votre donneur d'ordre n'a pas de limite dans le temps (>>CDI), ou au contraire n'a de limite que dans le temps (>>CDD) nonobstant les créations que vous mettez en oeuvre.
alors VOUS ÊTES SALARIES. Et il est temps de vous en rendre compte. Ce critérium n'est pas exhaustif, et il suffit de remplir un ou deux de ses critères pour être réellement un salarié. Ce n'est pas parceque vous travaillez chez vous, ou que l'on vous laisse arriver à 11h le matin, ou que l'on vous loue quelque chose ("je te loue le bureau, et te rends l'argent en facture, et "on" est tranquille"), ou que vous êtes en partie décisionnaire dans votre activité (choix artistiques, etc...), que vous êtes indépendant. Un freelance n'a PAS LES MÊMES INTÉRÊTS que son client. Il sa propre clientèle, choisit ses tarifs, opère ses choix (pertinent ou stupides, mais libres) en fonction de son acuité vis à vis du marché, ou de son plan de carrière (qui peut être mauvais éventuellement), de ses préférences, de sa notoriété, de son égo pourquoi pas (qui peut être très mauvais lui aussi!). Bref, un freelance est quelqu'un qui mène sa barque, souvent c'est un petit rafio instable, mais un rafio dont il est SEUL MAÎTRE À BORD.
Et celà n'est pas qu'une vue de l'esprit, être salarié ou être indépendant sont deux choix très différents comportant chacun des avantages et des inconvénients. Dites vous bien qu'être "salarié avec un statut d'indépendant" (que ce soit BIC-MDA, auto-entrepreneur,...) vous expose dans presque 100% des cas à gouter aux désavantages du salarié et à ceux (peut être plus nombreux encore) du freelance. Vous connaissez la stratégie "capter les gains, mutualiser les pertes"? On est en plein dedans. De plus, par votre complaisance, vous participez à la paupérisation de votre corporation dans son ensemble...
Si vous vous rebiffez, un proche vous dira surement "tu as tord vu le marché de l'emploi", un collègue vous dira "je ne te comprends pas, tout le monde fais ça, l'époque est dure" et votre employeur vous dira "tu es devenu bien orgueilleux". Dites vous bien que l'état délétères du marché de l'emploi proviens pour bonne partie de l'acceptation des pratiques de fléxibilisation abusives, et que vous regretterez de ne pas avoir été un peu plus orgueilleux le jour où votre patron vous jettera dehors sans préavis, sans égards, et surtout sans argent et sans droits.
Sinon, vous pouvez aussi attendre que Jean Valjean vienne vous libérer, mais ça n'est pas sùre qu'il vienne.
Peu importe si un contrat existe ou non, si vous avez des factures, des bons de commandes. Tout cela est fictif, puisqu'il s'entend par contrat un accord libéral de gré à gré, établissant la "loi des partis" comme disent les juristes, ce qui n'a évidemment pas de sens dans une relation subordonnée... Lorsque vous êtes salarié, vous acceptez librement de vous subordonner, et pouvez librement revenir sur cet accord, mais entre les deux vous acceptez contre salaire d'être soumis une hiérarchie.
Tarte à la crême: signer un papier où on vous a demandé de reconnaitre "Mr X n'est pas mon employeur" (ou plus finement) n'a pas plus de valeur, car la loi des partis est soumise à l'autorité de la Loi générale, qui a une définition sur la question qui dépasse votre employeur et vous même. Si vous êtes dans la situation de "salarié/freelance", adressez vous au tribunal des prud'hommes. Il considérera qu'un contrat existe de fait, et se chargera, après un débat contradictoire, de le définir, le plus souvent à votre avantage. Je vous engage à ne pas hésiter une seule seconde à saisir ce tribunal. Si vous n'avez pas d'argent, l'aide juridictionnelle prendra en charge pour tout ou partie (selon vos revenus) de la procédure (avocats, dépôts,...), et les prud'hommes (c'est un fait) donnent très souvent raison à l'employé s'il peut montrer son préjudice. Pourquoi? Parcequ'il part du principe que la réglementation du travail est faîtes avant tout pour protéger les salariés, en position subordonnée, et que son entrave est généralement le fruit d'un chantage à l'embauche ou d'une utilisation abusive de l'autorité de l'employeur sur son subordonné, afin d'en tirer profit au dépends du salarié.
Voilà un commentaire absolument parfait, je n'aurais pas pu mieux résumer la situation Asselin.
"c'est très agaçant de voir notre statut, avantageux, devenir progressivement la carpette d'employeurs indélicats, et donc dans le futur un sujet dont les politiques se saisiront pour y mettre fin"
>> Je suis bien d'accord et c'est ce que j'imagine très facilement arriver au statut d'intermittent dans un futur proche (parce que dans le genre cour des miracles complètement dévoyée par les employeurs, ça se pose là aussi). Le jour où ça arrivera, les artistes MDA auront à leur tour du soucis à se faire...
Bonjour,
Tout d'abord, merci pour cet article qui m'a été conseillé par un amis et que je ne manquerai pas de partager à mon tour.
Actuellement stagiaire graphiste dans une société de création web, et mon stage touchant à sa fin, les dirigeants me proposent de travailler pour eux en tant qu'AE, statut que j'ai pris pour des raisons financières lors de mes études. Les arguments qu'ils avancent pour ne pas me proposer un CDD ou CDI sont les mêmes que celles que tu évoques dans ton article, et ma réaction face à leur proposition et arguments l'est également ("le salariat dissimulé est vécu comme une aubaine", "travailler comme ça c’est mieux que de ne pas travailler du tout", sûrs que le marché “est bouché”, etc.) est ca en est presque humiliant de se retrouver à quasi 100% dans la personne "naïve" que tu décris. Sans pour autant tomber dans la psycho, ton article me permet d'y réfléchir à 2 fois avant d'accepter n'importe quoi.
Bonjour,
Je suis graphiste et AE. Auparavant j'étais à la MDA, mais malgrès qq cotsations en + (21 % au lieu de 17 % si je ne ma trompe pas) le statut d'AE m'a paru plus simple et aussi plus adapté (quand on fait de l'exé en print ou du montage html en web ça n'est pas vraiment accepté par la MDA et il faut feinter).
Je suis un peu déçue par les critiques du statut d'AE qui risquent de le faire disparaitre car pour moi il est trés pratique, et je trouve dommage qu'on repoche à un statut d'être trop simple : car si j'ai bien compris en gros avec la MDA ou les autres statuts de travailleur indépendant, il n'y avait pas de risque que les employeurs cherchent à tout externaliser parce que c'était trop compliqué ?
"(21 % au lieu de 17 % si je ne ma trompe pas) "
tu te trompes, complètement.
cotisations AE = 18,30% du BRUT (pour un graphiste, et 21% c'est si on y fout les impôts en prélèvement libératoire c'est autre chose)
cotisations MDA = 15,5% du NET
et comme en micro (seul régime possible en AE) NET = BRUT-35%, à la MDA en micro on paye donc 11,80% du BRUT.
au final un AE paye donc des cotisations 55% plus élevées qu'un MDA micro (18,30% contre 11,80%)
ce qui est un écart beaucoup plus notable que tu ne l'as calculé.
si ça peut te consoler, tout le monde fait cette erreur, en comparant un peu trop vite des chiffres qui ne sont pas établis sur les mêmes bases...
il n'y a rien de mal à préférer AE à MDA, surtout si comme dans ton cas il est plus indiqué pour ce qu'on souhaite facturer... c'est par contre dommage quand ce choix est motivé par des mauvais calculs.
"Je suis un peu déçue par les critiques du statut d'AE qui risquent de le faire disparaitre car pour moi il est trés pratique"
Les gens (normaux) ne critiquent pas le statut AE mais le mauvais usage qu'on pourrait en faire (et que certains ne se gêne déjà pas d'en faire) par manque de contrôles associés.
car s'il facilite entrepreneuriat, il facilite aussi beaucoup le salariat déguisé. ce danger est une réalité, pour le statut et les gens qui y travaillent.
donc si un jour l'AE disparaît, ce ne sera pas à cause des critiques mais à cause de ce qui provoque ces critiques...
"car si j'ai bien compris en gros avec la MDA ou les autres statuts de travailleur indépendant, il n'y avait pas de risque que les employeurs cherchent à tout externaliser parce que c'était trop compliqué ?"
Non, avec la MDA, un statut justement très simple et surtout économique - plus que l'AE - on a toujours eu le même problème de salariat déguisé et autres exploitations, ça fait longtemps qu'on le connait.
La nouveauté, c'est qu'avec l'AE ce genre de pratique va maintenant se répandre dans tous les autres métiers, et faire donc bien plus de victimes - et de mécontents- que les seuls artistes auteurs.
Seule reste donc à savoir si dans quelques années, quand on fera le bilan, l'AE aura aidé plus de néo-entrepreneurs à construire des projets sérieux, ou de patrons voyous à exploiter des travailleurs. De ce résultat dépendra à mon avis la pérennité du statut...
Oui j'ai en effet choisit le prélèvement libératoire (du coup 2,7 % d'impôts c'est assez rentable il me semble...est-ce que ça ne compense pas quasimment la différence ?).
En fait, je n'ai jamais rien compris à la MDA (j'aurai peut-être du venir sur ce forum avant ! ) donc même si je perds un peu (un peu + que je pensais visiblement) le statut d'AE me convient !
Je suis tout à fait d'accord pour le salariat déguisé : peut-être qu'il faudrait déjà que les sites réservés à l'emploi (genre Asfored, Bale ou même Monster) interdisent de passer des annonces de boîtes qui cherchent des free-lances (AE ou autre).
Bon je reviendrai ici demander conseil si le statut disparait (ou deviens plus complexe) et que je dois me remettre à la MDA...