Un début assez chaotique

Pendant longtemps, j’ai timidement sauvegardé sur des DVD, n’importe comment, les années bissextiles.

Ensuite, j’ai sauvegardé des photos sur 2 disques durs internes (oui) de 3.5” dont je ne me servais pas dans mon PC, et que j’ai gardé dans une boite une bonne année. Un jour, j’ai eu besoin de restaurer des photos, et je me suis rendu compte que les 2 disques (même marque, même série) avaient des tonnes de secteurs défectueux. Je me suis béni d’avoir fait une double sauvegarde, car comme ça j’ai pu récupérer toutes les photos.

Après ça, j’ai acheté ma première machine pro avec du RAID 1 dedans, ce qui m’assurait une sauvegarde en temps réel de mon travail.

Ensuite j’ai acheté un NAS (Synology 107+ avec un disque de 1To) qui me servait majoritairement de serveur multimédia (vraiment un NAS parfait, rien à dire, j’y reviendrai). De temps en temps, je mettais des fichiers de mon PC sur le NAS, et encore plus rarement, je sauvegardais le NAS sur un disque dur externe que je gardais sur mes étagères.

J’avais entendu parler de Crashplan, j’ai acheté une licence mais hélas la solution ne permet pas de sauvegarder un disque réseau monté depuis Windows (c’est très con, mais c’est une limitation de Windows). Il existe des bidouilles, mais aucune ne marchait chez moi, j’ai donc demandé un remboursement de la licence, ce qu’ils ont fait sans broncher, avec un service client au top.

Oui, on peut dire que je ne sauvegardais pas vraiment, et le peu que je faisais était fait avec pas mal d’amateurisme.

La prise de conscience

Un jour, je suis tombé sur l’article de Mat Honan sur Wired qui expliquait comment il avait perdu toute sa vie numérique (il a finalement retrouvé 75% ses données en payant 1700$ à une société de récup de disque) . Le problème est qu’aujourd’hui une grande partie de la vie numérique se confond avec la vie réelle.

Dans la foulée, j’ai lu l’article d’Éric Daspet sur son disque de NAS qui a lâché, puis l’article de Nicolas Hoizey qui rebondit là dessus et explique ce qu’il a mis en place de son coté, ainsi que son billet sur sa mise à jour de politique de sauvegarde.

En plus de ça, j’ai eu de la famille qui s’est fait cambrioler, et forcement tout ça a accentué ma paranoïa sur la perte de données, et j’ai arrêté de me voiler la face sur le fait que ma stratégie était assez pourrie, finalement, quand on y pense.

Je suis photographe amateur et ça me gênerait beaucoup de perdre toutes mes photos de vacances et Evènements familiaux. Je ne fais plus de freelance, donc je n’ai plus de gros volumes de projets pro à sauvegarder, mais il me reste quelques document que je veux conserver comme archive, en plus de projets persos.

Parer au plus urgent pour stopper la parano

Vu les prix assez bas (60$/an), j’ai immédiatement opté pour un rachat de licence Crashplan Unlimited. J’ai pris directement une licence pour 2 ans, étant donné que normalement si on choisi ce genre de service, c’est de toutes façons pas pour en changer tous les 2 mois. De toutes façons, si vous changez d’avis, vous êtes remboursé au pro-rata de ce que vous avez utilisé.

Une fois inscrit, j’ai rapatrié les photos du NAS sur mon PC, configuré Crashplan pour sauvegarder le dossier local de photo, le catalogue lightroom (qui contient toutes les retouches de toutes les photos, il faut y penser !), les documents Windows et 2-3 autres trucs. Au total, il y avait un peu plus de 90000 photos + fichiers sidecar XMP, soit 500Go de données à uploader sur les serveurs de Crashplan (hé oui un RAW de 7D, même en MRAW, ça pèse 25Mo par photo !!).

Je dispose d’une connection ADSL 20 méga, donc ça a été assez long, environ 1 mois avec le PC allumé 24h/24. Après ça, j’avais au moins la satisfaction d’avoir mes fichiers sauvegardés à 3 endroits différents, dont un “hors site”.

Ma 1ere stratégie de sauvegarde

Photos sur le NAS > Copie manuelle sur le PC > Sauvegarde sur Crashplan

Tout ça marchait assez bien. J’aurais surement pu automatiser la copie du NAS vers le PC avec Data Replicator ou Synkron, mais pour le moment je faisais ça à la mano, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de données à copier (juste un nouveau dossier de photos quand on rentre de vacances), parce que j’avais un peu la flemme et PARCE QUE C’EST TOUT VOILÀ.

Vous allez vous demander pourquoi les photos sont sur le NAS avant d’être sur le PC, c’est parce que je vide mes cartes direct sur le NAS (qui à l’époque était mon plus gros disque dur), comme ça elles sont accessibles depuis tout le réseau, et Marie peut les retoucher aussi via Lightroom.

Ma stratégie de sauvegarde actuelle (simple et transparente, set’n’forget)

Ordis de la maison (+ Cloud Station) > NAS > Crashplan
Prix : 400€ (synology 213 et disque dur 3to) + 60$/an pour Crashplan

Le NAS que j’avais était un Synology 107+, c’est à dire avec une seule baie, et j’avais mis un disque WD green de 1To dedans. Le disque étant quasiment entièrement rempli de porno zoophile moldave en blu-ray rip, en plus des 500go de photos, qui ne sont pas une donnée supprimable. Donc ça n’aurait pas été en s’arrangeant au fil du temps.

J’avais soit le choix d’upgrader le disque, en me débrouillant pour transférer toutes les données sur le nouveau, soit de racheter un NAS 2 baies avec un ou deux nouveaux disques dedans.

La version de l’OS du 107+ (le DSM 3.2) n’est pas upgradable vers la nouvelle version, et seule des mises à jour critiques sont effectuées. De plus, si le 107+ était un excellent NAS à sa sortie, il n’embarquait qu’un processeur à 500Mhz et 128Mo de Ram, ce qui commençait à un peu le faire souffrir lors de la décompression de fichiers et la lecture/transfert de gros fichiers RAW.

Synology DS 213

L’élément qui a fini de me décider, c’est que j’ai vu que sur le nouveau DSM, il était possible d’installer directement Crashplan. Oh joie, j’ai donc opté pour l’achat d’un Synology DS213 (2 baies, CPU de 2ghz, 512mo de ram) avec dedans un disque dur western digital 3To de gamme RED, qui est justement fait pour les NAS. Il me reste une baie vide, que je remplirai avec un autre disque en agrégat (JBOD) ou en 2e volume quand les 3To actuels seront plein, ce qui devrait me laisser le temps de voir venir, et laisser le temps au constructeurs de lancer des disques énormes pour une bouchée de pain. J’ai un moment envisagé l’achat d’un DS 212J, qui est un peu moins puissant et moins cher, qui aurait pu faire l’affaire aussi.

Lors de l’installation du disque, le Synology vérifie que tous les secteurs disque sont cleans avant d’installer L’OS, ce qui permet une sécurité accrue. Si il y a des secteurs défectueux, il les marque et les désactive pour éviter les erreurs. C’est donc un bon point, même si la vérification d’un disque de 3To prend environ 7h.

Pour copier les données de l’ancien NAS vers le nouveau, jai branché les 2 NAS derrière un Switch Gigabit (pour une bonne vitesse de transfert) et j’ai exécuté l’outil de sauvegarde intégré.

Installation de Crashplan sur le NAS

J’ai installé Crashplan sur le Synology en suivant ce tutoriel, et ça fonctionne très bien. Comme je n’ai qu’une licence pour un ordinateur et que j’avais déjà fait des sauvegardes avec (500Go de photos, rappelez-vous), il m’a fallu “adopter” l’ancien ordinateur (mon PC de bureau). Ne vous gourrez pas, c’est important, j’ai au début refusé l’adoption, et j’ai eu peur de devoir tout réuploader. Surtout ne décochez pas les fichiers de votre ancien ordi, vous le supprimerez quand toute la synchro sera effectuée.

Même si les fichiers n’ont pas le même chemin dans le PC que dans le NAS, j’ai eu la très agréable surprise de constater que Crashplan retrouve très bien ses petits, et qu’après 24h d’analyse de fichier, il a vu que les fichiers étaient tous sur ses serveurs et n’a rien re-uploadé, OUF (1 mois d’upload d’économisé, je me suis fait une bonne frayeur).

Pour ne pas trop solliciter le NAS, vu que les données que je veux sauvegarder (photos) n’arrivent pas en continu, j’ai configuré la sauvegarde pour qu’elle se fasse la nuit entre 1h et 9h du matin.

savecrashplan.jpg

Sauvegarde des fichiers du PC sur le NAS

Vu que désormais, c’est le NAS qui a la licence Crashplan, j’ai dû trouver un moyen pour sauver les fichiers du PC sur le NAS. Je pense mettre en place une solution simple de synchro à base du soft Synkron par exemple. Parallèlement, j’ai découvert une nouvelle fonction du NAS vraiment excellente, il s’agit de Cloud Station. Basiquement, c’est une sorte de dropbox qui permet la synchro (et non la sauvegarde !) de fichiers vers le NAS. Sauf que tout est en local, donc pas de temps d’upload. Ça gère également le versionning jusqu’à 32 versions de fichiers (j’ai réglé sur 5).

Concrètement, ça permet d’avoir par exemple les catalogues Lightroom partagés, mais en local sur nos PC (+ rapide pour travailler que sur le NAS directement), mais qui sont également présents et versionnés sur le NAS, et donc par la suite sauvegardés sur Crashplan.

Je ne sais pas si vous suivez, un petit dessin vaut mieux qu’un long discours :

Schema NAS backup

La stratégie de sauvegarde ultime pour les freelances

PC avec disque en RAID 1 > NAS > Crashplan

Pour une utilisation pro, je conseille de rajouter un premier niveau de backup avec un disque en RAID 1 dans votre machine de travail. Comme ça, si tout a coup un de vos disque lâche, vous pouvez continuer de travailler de manière transparente de vous interrompre. En ajoutant à ça le NAS et une licence Crashplan (ou autre) ça vous fait une sauvegarde assez robuste pour environ 500€, et vous pouvez parer à quasiment toutes les éventualités.

pourquoi Crashplan ?

Je vous parle de Crashplan depuis le début sans vraiment justifier mon choix. J’ai fait un benchmark sur à peu près toutes les solutions, et il ressort que Crashplan est bien moins cher que ses challengers. D’ailleurs les prix sont presque louches vu comment ils sont bas. Ensuite, le client à installer sur le PC est bien foutu, on peut tout configurer facilement. Dans mon cas, c’est un des seuls qui s’installait sur mon NAS.

Bref c’est simple, transparent, les données sont cryptées, et c’est pas cher.

J’ai aussi bien aimé la sauvegarde en continue, et le fait qu’il garde en mémoire une version de fichier tous les quart d’heure (voire mois si on le configure !!), ce qui permet une grande souplesse dans la récupération si on fait une connerie en écrasant un fichier par ex. De la même façon, aucun fichier n’est jamais effacé, et il conserve de nombreuses versions de votre fichier, même si il est ancien.

versionning.jpg

At last but not least, le service client est très réactif.

Pourquoi un NAS et pourquoi un NAS Synology ?

Je pense que tout le monde devrait avoir un NAS aujourd’hui. les disques durs externes sont devenus inutiles (sauf en mobilité bien sûr) et le NAS devient le cœur de l’installation réseau à la maison. Nous sommes de plus en plus connecté en mode client/serveur, et les ordinateurs clients embarquent de moins en moins de mémoire (disques SSD, périphériques mobiles…). Pourquoi monopoliser un ordinateurs qui n’est pas toujours allumé et qui quand il l’est consomme beaucoup, alors qu’un tout petit ordinateur peu gourmand et silencieux allumé h24 peut faire l’affaire ?

De plus, ça permet de tout avoir en local chez soi, sans temps d’upload/download, et de s’affranchir des services de type dropbox, très simplement et avec beaucoup de souplesse.

J’ai choisi Synology car leurs produits sont de grande qualité, très soignés et leur suivi est assuré longtemps. Les produits sont évolutifs et on profite de toutes les nouveautés. Il y a de nombreux packages à installer et la communauté est très active autour de cette marque.

C’est beaucoup plus qu’un simple NAS. Voici les fonctionnalités que j’utilise quotidiennement :

  • Sauvegarde de mes fichiers
  • Serveur de téléchargement Usenet (marche aec d’autres protocole genre torrent)
  • Serveur Multimédia (DLNA ou direct en SMB, plus pratique)
  • Serveur LAMP pour faire des tests de site et bénéficier d’un environnement linux (plutôt que d’installer wamp)
  • Synchro et partage de fichiers entre les différents ordinateurs de la maison
  • Serveur Itunes
  • Transformer une imprimante/scanner USB en imprimante/scanner réseau (même si maintenant j’ai une imprimante réseau)
  • Le NAS est accessible de l’extérieur si je veux récupérer ou partager quoi que ce soit dessus (ce sera encore mieux avec la fibre)
  • Ça peut servir de “wetrasfer” like, sans upload de votre part puisqu’en local

Je pourrais aussi m’en servir pour faire un serveur SVN ou installer Minecraft (un peu juste en ram pour Minecraft). Si j’avais besoin de crypter mes données, je pourrai le faire aussi. La liste des paquets disponibles est impressionnante, on peut quasiment tout faire avec. Bref, c’est que du bonheur.

Quoi sauvegarder ?

J’estime qu’il ne faut sauvegarder que les fichiers utilisateur, et si besoin les fichiers de config. oubliez les logiciels et le système d’exploitation, ça ne sera pas votre plus gros souci si votre disque meurt, vous pourrez retrouver tout ça facilement. pour les logiciels, j’ai découvert Ninite qui fait un super boulot et vous permet de réinstaller un grand nombre de logiciels phares en un seul coup (et en décochant tous les crapwares automatiquement)

Pour les fichiers utilisateur, voilà un petit récap des trucs à sauvegarder, je vous laisse compléter.

  • Dossier utilisateur win/mac/linux (mes documents, mes images etc…)
  • Photos et vidéos qui ne seraient pas dans ce dossier
  • Documents comptables
  • Typos
  • Fichiers de travail (PSD, AI, INDD…)
  • E-mails si besoin
  • Favoris internet si besoin
  • Dumps de bdd de sites web
  • Sites web locaux
  • Fichiers config de logiciels

Conclusion

La question finale est “combien suis-je prêt à investir pour ne pas perdre mes données ?” C’est à vous d’y répondre, mais je pense que j’ai trouvé une bonne formule, me permettant non seulement de sauver mes données, mais aussi de faire plein d’autres choses à coté. Je n’ai pas de données critiques ou confidentielles (“juste” personnelles), et je peux me permettre que la restauration prenne un certain temps. Si vous avez d’autres exigences, il faudra surement passer par des solutions plus lourdes, mais celle-ci me convient.

Addendum 15/04/13 : j’ai bien sûr oublié une de mes solutions de sauvegarde, pourtant primordiale : je fais des tirages photos, le plus souvent en 10×15, mais aussi des livres et des agrandissements que je garde pour moi et distribue pour ma famille. Car si ma solution de backup est aujourd’hui assez solide, je ne me leurre pas sur la pérennité de tout ça, et sait pertinemment que mes photos ne pourront surement plus être vues dans quelques dizaines d’années, ou qu’en tout cas, elles ne me survivront pas. On ne peut pas remplacer la boite à chaussure remplie de photo trouvée dans un grenier, et sa facilité de consultation. Même aujourd’hui, c’ets plus agréable de se passer les photos de main en main plutôt que de les regarder sur un écran; Alors guettez les offres de tirages massif, et de temps en temps, faites vous une gros tirage (sans trier, pour ne pas avoir le “syndrome de la carte postale” qui vous lassera vite, mais au contraire avoir des photos des gens, qui font des têtes bizarres et tout et tout.

Je n’ai pas la science infuse, et j’expérimente beaucoup, n’hésitez pas à me donner vos suggestions et vos feedbacks sur les solutions que vous avez mis en œuvre chez vous..


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