Ouais la sauvegarde, je me rappelle, j’en ai déjà fait une un jour.

Tout le monde en parle, on se dit tous que ce serait cool d’en avoir une, mais en même temps on ne pense jamais à la faire, et quand une catastrophe arrive, il ne nous reste plus que 2 CD-RW avec quelques photos éparses et le dossier “mes documents” de Windows 98 que vous aviez fièrement gravé à l’époque où vous veniez d’acheter votre graveur 2×.

Mauvaise nouvelle, un des 2 CD fait des erreur CRC à répétition et le revêtement de l’autre tombe en poudre. Bravo, vous n’avez plus qu’à vous tailler les veines avec des éclats de Verbatim gold grade.

Estimer votre besoin de sauvegarde

En terme de sauvegarde, tout est possible, il vous faut donc passer en revue les solutions existantes, selon le volume de vos données, leur nature (critiques, pro, confidentielles…), le temps/niveau d’automatisme requis pour la sauvegarde, et le temps nécessaire à leur restauration en cas de problème (photos de vacances ou projet pro à livrer dans un délai imminent ?)

Ce billet a pour but de dresser une liste non exhaustive des possibilités, qui sont bien sûr combinables. Dans la 2e partie de ce fabuleux dossier, je vous parlerai de ma stratégie personnelle en détail.

Graver des CD régulièrement.

Les années 2000 viennent d’appeler, elles veulent que vous leur rendiez leur install de Nero Burning Rom. Sérieusement, les supports optiques sont très peu fiables (entre 1 et 2 ans de durée de vie, et encore, si vous les stockez à l’abri de tout), et en plus qui a envie de se faire chier à acheter, graver et stocker des DVD régulièrement ? Oubliez cette solution, et tant pis pour les 3 colonnes de DVD de contrebande que vous aviez acheté à prix choc en Andorre ou sur un site Allemand, parce que “ça servira toujours de toutes façons”.

Faire la navette avec un disque dur externe

Certains utilisent cette solution assez économique : on travaille au bureau normalement, et un petit soft (genre synkron, mais il y en a des tonnes) se charge de sauver incrémentalement (c’est à dire juste les fichiers modifiés) vos fichiers sur le disque dur externe. Arrivé à la maison, vous pouvez copier le contenu du disque sur le PC chez vous. Vous disposez toujours d’une sauvegarde à jour, c’est simple et artisanal, mais ça peut devenir compliqué si vous ave un gros volume de données, et le coté artisanal a ses limites : il faut bien penser à sauvegarder le soir, on peut se faire voler le DD externe etc…

Un disque dur en RAID 1 (ou RAID 5 etc.)

Solution assez pratique car transparente, vous avez 2 disques de X To dans votre machine, mais le système n’en voit qu’un. Vous perdez donc la moitié de votre capacité de stockage, mais en échange les disques sont répliqués l’un sur l’autre en temps réel, avec un temps d’interruption nul en cas de défaillance de disque, vous pouvez continuer à travailler de manière transparente.

Inconvénients : reconstruction inopinée du RAID qui peut être très chiante et paralyser la machine le temps que les disques se copient l’un sur l’autre, un besoin de bien monitorer les disques histoire de savoir si il y en a un qui a claqué et qu’il faut remplacer avant que le 2e lâche aussi (ne riez pas, ça arrive), et un risque de perte de données en cas de destruction ou vol de la machine. Vous n’êtes pas à l’abri non plus d’une mauvaise série de disque dont le nombre de secteurs défectueux augmente plus vite que le prix d’un expresso en terrasse à Paris.

(update) effectivement le système RAID n’est pas un système de sauvegarde à proprement parler, il n’y a pas de versionning, et vous n’êtes pas à l’abri si vous supprimez un fichier par mégarde, ou plus courant, en écrasez un.

Time machine

Apple a implémentée une solution de sauvegarde qui à l’air de s’avérer bien pratique malgré son nom pompeux, puisqu’elle sauvegarde plusieurs version de votre machine, que vous pouvez stocker sur un disque dur externe. peu de gens savent qu’ils peuvent faire marcher time machine sur un simple disque externe ou NAS, sans forcément investir un SMIC dans la time capsule, périphérique “dédié” au nom également pompeux et assez peu fiable (ballot pour un périphérique de backup). Comme la sauvegarde est chez vous, un incendie ou un cambriolage peut vous faire perdre toutes vos données.

Un NAS

Un NAS (Network Attached Storage) est très basiquement un disque dur externe, mais branché en réseau, avec une IP propre, et potentiellement accessible depuis l’extérieur. Il permet donc d’agir comme un disque de sauvegarde externe, mais pour tout le réseau. Le truc bien, c’est qu’aujourd’hui les NAS ne se contentent pas d’être de simples disques réseau, mais intègrent une tonne de fonctionnalités précieuses. Inconvénient : comme toute sauvegarde sur site, elle ne vous met pas à l’abri d’un sinistre de type cambriolage ou incendie. Je vais développer cette solution dans la 2eme partie du billet.

Crashplan, Glacier, Carbonite, Amazon S3…

Ce sont des système de sauvegarde “dans le cloud” et de type “setup’n’forget” comme disent les jeunes (règle et oublie, comme dit votre barman en vous servant un nouveau verre de whisky), et hors site donc. En gros vous installez un petit logiciel client sur un ou plusieurs de vos PC, choisissez quels dossier sauvegarder, et le logiciel se chargera lui même de compresser les données et de les envoyer vers les serveurs du service choisi. Vous pouvez sauvegarder en continu ou de manière planifiée. Vous ne vous occupez plus de rien.

Les données locales et distantes sont comparées avant envoi, pour n’envoyer que le nécessaire (seulement la partie modifiée d’un fichier) et éviter les doublons. Un des gros avantages est que ces services intègrent souvent un puissant versionning. Si un soir de cuite vous effacez toute vos données, il en existera des dizaines de version antérieures. Il est même possible de faire un réglage pour ne jamais rien effacer. L’inconvénient est que le premier upload peut être très long si vos avez beaucoup de données et que vous n’êtes pas en fibre.

Dropbox, Google Drive et consorts

Alors là, je vous arrête car vous faites totalement fausse route. Il s’agit ici de solutions de synchronisation et non de sauvegarde. Si un fichier est effacé de votre Dropbox, il est effacé partout; Ça n’est donc pas du tout une solution recommandée (au contraire !) pour sauvegarder vos données. Même si certain services ont maintenant intégré un historique de 30 jours, il faut juste être bien conscient que ce sont des services de synchronisation avant tout. J’avais un super article d’un mec qui expliquait comment il avait tout paumé pour s’être fourvoyé dans le choix de dropbox pour un usage de backup, mais je ne le retrouve plus.

Flickr, Gmail…

lawl.

Ok j’ai compris, je vais tout combiner

Voilà, avec toutes ces solutions, vous avez de quoi tourner en rond des années dans votre salle serveur de la NASA en marmonnant votre stratégie de sauvegarde à voix haute et en faisant peur aux enfants.

Heureusement, je ne vais pas vous laisser faire ça, et je vais vous parler de ce que j’ai choisi comme stratégie, avec ce que je pense être un bon équilibre qualité/prix/temps de récupération. Comme je vais encore me faire engueuler par STPo si je fais des billets à rallonge, vous trouverez tout ça dans la 2e partie de ce billet.


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