Rappelez-vous, c’était début 2008, à 23 ans, je quittais ma province, bien décidé à empoigner la vie. Le cœur léger et le bagage mince, j’étais certain de conquérir Paris. Hé bien ma foi pour le moment ça n’a pas trop mal réussi. Après 3 ans et demi chez Publicis, j’ai décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale changer de crémerie.

Wcube/Publicis Modem

Entré comme webdesigner chez Wcube, boite de taille moyenne en cours de rachat par publicis, j’ai découvert le travail en agence web, le travail en équipe et les gros projets. Ça a été une expérience précieuse qui m’a permis de croiser plein de gens et d’apprendre des méthodes de travail intéressantes, en plus de pouvoir toucher des projets plus ambitieux que ce que je faisais en freelance à Toulouse. Quand on conseille à des gens sortant de leurs études de commencer par une expérience en agence au lieu de se lancer direct en free, ça n’est pas pour les faire chier, mais bien parce que c’est super enrichissant.

Peu à peu le rachat de la boite a été bouclé, le nom de Wcube a été enterré complètement, les embauches n’ont cessé de progresser, avec entre autre l’arrivée d’un directeur de création qui a donné de nouvelles ambitions créatives à l’agence. On s’est vite retrouvé à l’étroit dans nos petits appartements dans le 2e arrondissement, en plein centre de Paris. Il a été décidé que nous devions rejoindre la maison mère, sur les Champs Élysées. Hélas pour cause de travaux, nous avons du temporairement s’installer au fin fond de Suresnes pendant plus d’un an, et je ne vous cache pas que ce fut difficile.

La fusion

Puis est venu le temps de la fusion complète avec Publicis Dialog, au niveau des équipes et de la hiérarchie. Publicis Dialog, c’est la branche CRM de Publicis, en gros le coté “marketing” et “fidélisation client” (à l’inverse de Publicis Conseil par exemple, qui s’occupe des campagnes “marques”). Cette fusion nous a apporté de beaux clients que nous n’aurions pas pu avoir avec l’orientation plus SSII de Wcube, ainsi que ma promotion de directeur artistique.

Hélas cette fusion ne s’est jamais faite complètement, et malgré les tentatives de placement dans l’openspace, on avait un peu le sentiment d’essayer de mélanger l’eau et l’huile. Une bande de geeks avec une forte culture web et élevés au modem 56k avec des publicitaires print dont le métier s’est totalement transformé et qui ne sont pas super “web oriented” (pour être gentil), ça coince.

Ajoutez à ça des projets de moins en moins variés et de plus en plus “CRM bourrin” à mon gout (tonnes de bannières flash par exemple), une ambiance dégradée, des promesses non tenues, le départ de plusieurs amis (mr_durian et STPo entres-autres) couplé à de maigres perspectives d’évolution de carrière et salariale, j’ai réfléchi, et j’ai rendu mon tablier (je ne suis d’ailleurs pas le seul, l’entreprise fait actuellement face à un exode massif, et il ne reste presque plus rien de l’équipe créative initiale).

The Roxane Company

Contacté en direct par un cabinet de recrutement, j’ai été dans un premier temps méfiant à l’évocation de cette boite inconnue dont le site web (en cours de refonte :) ) ne m’avait pas trop inspiré confiance, qui de surcroit faisait dans facebook et l’e-reputation. Premièrement je n’avais pas de compte Facebook, et deuxièmement l’e-reputation et la perception que j’en avais… je ne vous fais pas un dessin.

Étant à ce moment là en recherche active, j’accepte quand même le rendez-vous, d’abord avec le cabinet de recrutement (qui me demande pourquoi il y a du latin dans mes images…), puis, ayant été sélectionné, avec la boite elle même.

L’entretien atypique

Je découvre alors le processus d’entretien “maison”, et ce fut la première bonne surprise : d’abord un entretien avec le directeur technique et la directrice de clientèle qui se passe très bien (après que je leur ait dit que leur première questions étaient un peu bateau, l’ambiance s’est détendue :) ) puis à la suite un entretien avec Emmanuel De Saint Bon, le (P)DG de Roxane Company (un ancien de Publicis Dialog lui aussi).

Cet entretien a été une expérience inédite, déjà par sa durée (3h !!) et par son contenu. Au lieu de subir les question rasoirs dont on a l’habitude en entretien (“votre plus gros défaut” et autre bullshit), l’entrevue était grosso modo divisée en 3 parties: Est-ce que je fais l’affaire, la présentation de la boite et de ses évolutions, et ce que je pourrai apporter à la boite et ce qu’elle pourrait m’apporter en retour, le tout sur le ton de la discussion détendue, pour vraiment avoir une idée précise de tout ça. On m’a autant vendu la boite que je me suis vendu, ça n’était pas à sens unique mais dans une optique “voyons si on peut travailler ensemble”.

Avec le recul je pense que c’est la méthode de recrutement qui doit donner les meilleurs résultats, car un candidat qui serait sujet au stress sera plus détendu, et quelqu’un qui sort tous les lieux communs de l’entretien ne pourra pas le faire pendant 3 heures, ni rester dans un discours appris par coeur.

L’heure du choix

Ayant d’autres propositions en parallèle (notamment par l’école multimédia nouvellement créé à Bourse, l’EEMI), j’hésitai un moment à opter pour cette boite inconnue. Après quelques recherches, j’ai vu qu’un freelance que je connaissais de loin (merci le réseau kob-one et Twitter) avait déjà bossé pour eux. Je lui ai donc écrit un mail pour lui demander si ça s’était bien passé, car l’avis d’un free est assez révélateur (principalement parce qu’il n’est pas lié à la boite). Il m’a répondu que les gens étaient super sympas, qu’ils payaient bien les freelances, et surtout qu’ils les payaient à l’heure rubis sur l’ongle. C’est pour moi un signal positif très fort de la part d’une boite, qui a fait pencher la balance en leur faveur. J’ai donc posé ma démission et opté pour le poste.

Le bilan à 3 semaines

Il est très positif, je crois que j’ai trouvé la taille de boite qui me correspond, après avoir essayé le freelance et la multinationale, nous sommes une quinzaine de personne (bientôt 20) et dans une structure de cette taille la responsabilisation est plus forte que dans une entreprise immense où la marge de manoeuvre et l’impact de ce que l’on fait est assez faible.

Je suis pour le moment le seul créa (un webdesigner arrive bientôt), ça me permet de toucher à tous les projets, et de diversifier mes activités sur des domaines qui ne me sont pas familiers, comme la réalisation de films par exemple ou la communication sur les médias sociaux. Il y a de beaux budgets grands comptes comme Nokia ou Accor Hotels qui ont des besoins très variés qui obligent à utiliser toutes les cordes de la DA web et pas seulement le webdesign.

Au niveau de l’ambiance dans la boite, tout le monde est sympa et l’ambiance de travail est bonne, mais ce qui m’a le plus frappé c’est l’esprit de l’entreprise, totalement différent de ce que j’ai pu vivre chez Publicis. Ici l’objectif principal est que les employés se sentent valorisés pour être motivés et donc efficaces, et ça commence par l’écoute : chacun à voix au chapitre, du stagiaire au directeur de clientèle, les problèmes ou questions soulevés sont VRAIMENT traités et une solution est apportée assez rapidement.

Ensuite, on est pas dans une logique d’économie de bouts de chandelles, et malgré la taille de l’entreprise et son budget de fonctionnement, des dispositifs sont mis en place pour avantager les salariés (ex : l’intéressement ou les tickets resto, pas obligatoire dans une entreprise de cette taille, des augmentations régulières, ou encore des formations). La philosophie étant de ne pas essorer les employés avec un turn over de malade (technique dite “de fred & farid” :) ), mais d’investir sur eux et les fidéliser.

Bien sûr, je viens d’arriver, et il faudra juger sur le long terme (tout nouveau tout beau ?), mais de ce que j’ai pu en juger, moi qui suis assez critique, tout ça s’annonce bien. Bien sûr il va falloir que je me fasse ma place sur un poste qui n’existait même pas auparavant, mais je me sens épaulé et je pense qu’il y a plein de projets à mener à bien.

Le boulot est bien dense, les semaines biens chargées, (en plus j’ai eu l’idée géniale de me remettre au sport le soir) j’ai du prendre de nouvelles habitudes (utiliser… un mac, une wacom, CS4…), et ignominie suprème : j’ai dû m’inscrire sur FACEBOOK (sous un faux nom pour le compte pro, ouf :) ) mais dans l’ensemble tout baigne (et puis j’aurai bientôt un PC pour travailler efficacement, dieu merci :p )

Vous l’aurez compris, cette entreprise plutôt inconnue jusqu’à maintenant gagnerait beaucoup à l’être !! (Pour ce qui est des projets, j’y travaille :) ) (d’ailleurs on se marre déjà pas pas mal, et nous avons assisté à ce WebAgencyFail magistral qui a eu un certain succès)

offres d’emploi

Comme promis, les offres d’emplois : nous recrutons des chefs de projet et un développeur php/intégrateur, si ces postes vous intéressent, envoyez votre CV à juliend -at- roxane-company.com

(Apparté : j’ai du récemment sélectionner des candidatures pour un contrat de professionnalisation, une première pour moi, hé ben je peux vous dire qu’il y aurait du boulot à faire sur l’apprentissage de la présentation etc… et je suis plutôt cool)


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